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Le blog d'ABDOURAHMANE CISSÉ

Chute des cours du pétrole : conséquences et pistes de solution pour les pays africains

Le prix du baril de pétrole brut est passé de plus de 100 dollars à moins de 50 dollars au cours des derniers mois du, en grande partie, à l’offre de pétrole. Les pays africains subissent les effets de cette chute drastique des prix à divers degrés.  En effet, l’impact de cette baisse est relativement faible voire même positif sur certains pays importateurs nets de pétrole brut ou de produits pétroliers et négatif pour les producteurs et exportateurs nets.

Pour les pays importateurs de pétrole et les consommateurs, en plus de l’impact positif sur l’inflation, cette baisse des prix offrent des opportunités de croissance pour leurs économies.

Pour les pays exportateurs de pétrole, la baisse des cours entraînent des pertes importantes de ressources budgétaires et par conséquence, pourraient accentuer les déficits. L’Agence internationale de l’énergie prévient qu’un scénario avec un baril entre 50 et 60 dollars jusqu’en 2020 est tout à fait envisageable. Si tel est le cas, les Etats africains dépendant des ressources pétrolières pourraient être amenés à faire des ajustements internes importants dans leurs stratégies de croissance et dans la structure des dépenses au détriment notamment des dépenses d’investissement. Ce qui aura un impact sur l’emploi des jeunes, la qualité de vie de populations et la croissance de leurs économies. D’ores et déjà, certains pays pétroliers du continent ont revu leurs projections budgétaires pour l’année 2015 en adoptant des lois de finances rectificatives plus prudentes. Les politiques monétaire et de change ont aussi été ajustées pour faire face à la baisse des prix. Le naira s’est déprécié de plus de 25% depuis octobre 2014 et l’Angola a augmenté son taux d’intérêt de référence cette année de 75 points de base. Il est bon de noter que ces changements en matière de politiques monétaire et de change ne sont pas sans conséquences pour le secteur bancaire.

Quelles solutions face à cette chute des cours du pétrole en Afrique ?

Cette baisse des prix a mis en exergue que les pays africains n’étaient pas suffisamment préparés pour gérer la volatilité des prix du brut via notamment une diversification de leurs économies et le recours aux produits financiers de couverture de risque (swap, options, etc.). Elle invite donc ces pays à faire des choix stratégiques qui en tiennent compte à l’avenir, en prenant soin de bien informer les populations. En effet, dans les pays exportateurs tout comme dans les pays importateurs de pétrole, la baisse des prix du pétrole offre une opportunité de revoir les systèmes de fixation des prix des produits pétroliers à la pompe. Cette baisse des prix devrait permettre, dans les pays où cela existent encore, une baisse importante ou une suppression des subventions accordées par l’Etat pour les produits pétroliers dégageant ainsi des marges budgétaires.

Cette crise permet également de comprendre la nécessité d’une action concertée des producteurs africains de pétrole dans le long terme. Il est donc heureux que les pays producteurs africains s’inscrivent dans cette optique de recherche de solution concertée. En outre, nous devons indispensablement travailler à la diversification effective des économies, au renforcement des échanges intra-africains et au développement d’une industrie locale dynamique.

Les atouts ne manquent pas, les opportunités non plus. L’Afrique a le potentiel énergétique nécessaire pour soutenir son développement et son industrialisation. L’Afrique est de par sa population, le 3ème marché du monde après la Chine et l’Inde avec une classe moyenne de plus en plus importante.

De même, le tourisme et les services en général reste pour les pays africains un levier qui n’est pas suffisamment développé alors qu’il pourrait être un important pourvoyeur d’emplois et de devises. Il en va de même pour le secteur agricole qui reste l’un des atouts majeurs.

Ce sont là des pistes à approfondir pour devenir plus résilient aux différents chocs. Avec la diversification, l’industrialisation et le développement des échanges intra-africains, nous allons y arriver. C’est possible et j’y crois fermement.

Après ses études, Abdourahmane Cissé fait son entrée dans le monde de la finance internationale. En 2005, la banque d’affaires Goldman Sachs International le recrute en tant qu’analyste en « structuration-origination » au sein du département matières premières. Il devient « Associate-trader » de produits structurés avant de devenir vice-président/directeur exécutif chargé du trading et des dividendes sur les indices de la zone euro. Six ans plus tard, il démissionne de son poste chez Goldman Sachs International en 2011 pour revenir en Côte d’Ivoire, en répondant à l’appel du Président de la République3. Abdourahmane Cissé est nommé en juillet 2012 à la Présidence de la République ivoirienne comme conseiller spécial chargé des finances publiques. Il devient en janvier 2013 directeur de cabinet de Nialé Kaba4 (Ministre auprès du Premier Ministre, chargée de l’économie et des finances). Le 19 novembre 2013, il est nommé Ministre auprès du Premier Ministre, chargé du Budget5. Devenant ainsi le plus jeune Ministre du gouvernement du Premier Ministre Daniel Kablan Duncan. À ce titre, il est chargé des questions relatives à la préparation et à l’exécution du Budget de l’État, de définir et mettre en œuvre la politique du Gouvernement en matière budgétaire, douanière et fiscale et aussi la gestion du portefeuille des participations de l’État et des établissements publics nationaux6. La mission du jeune Ministre consiste également à définir et suivre des axes de la politique économique et d’endettement de la Côte d’Ivoire. Sous la conduite du Chef du gouvernement, Abdourahmane Cissé développe un vaste programme de réformes visant à améliorer la gestion des finances publiques telles que: l’adoption de diverses mesures destinées à préserver les intérêts patrimoniaux de l’État en vue de mettre un terme aux dysfonctionnements, à travers une responsabilisation plus grande des organes sociaux des entreprises publiques. C’est dans cette optique qu’une circulaire relative aux règles de gouvernance régissant le fonctionnement des organes d’administration et gestion des entreprises publiques a été prise7. Dans cette quête de l’amélioration de la gouvernance, l’on note également la création du Livre foncier électronique (LIFE), la création de deux Centres pilotes destinés à la gestion des Moyennes Entreprises, la mise sur place des contrôles mixtes entre la Direction Générale des Impôts (DGI) et la Direction Générale des Douanes (DGD) et l’interconnexion entre la DGI et la DGD.

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A propos du Ministère...

Les missions du Ministre auprès du Premier Ministre, chargé du budget sont définies par les dispositions du Décret n° 2013-802 du 21 novembre 2013 portant attributions du Ministre auprès du Premier Ministre, chargé de l'Economie et des Finances et du Ministre auprès du Premier Ministre, chargé du Budget.

Au sens de l’article 2 dudit décret, le Ministre auprès du Premier Ministre, chargé du Budget a en charge la mission d’assurer la mise en œuvre de la politique du Gouvernement en matière budgétaire, douanière et fiscale.